Démarrage de l’ambitieuse mission lunaire chinoise Chang’E 5
On 24 novembre 2020 | 0 Commentaires
Sonde chinoise Chang’E 5 ©CNSA

Splendide départ hier soir de l’imposante sonde chinoise Chang’E 5. Elle doit rapporter mi-décembre pas moins de 2 kg d’échantillons du sol lunaire, 44 ans après la sonde soviétique Luna 24.

Septième mission lunaire chinoise

La mission chinoise Chang’E 5 (du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise) reprend le flambeau de la mission soviétique Luna 24 (ou Lunik 24). Celle-ci, en août 1976, avait récolté 170 g de régolithe lunaire dans la mer des Crises, puis les avait rapportés sur Terre. Chang’E 5 succède à deux missions circumlunaires chinoises (Chang’E 1 et 2, en 2007 et 2010), deux déploiements d’astromobiles sur la surface lunaire (Chang’E 3 et Chang’E 4, en 2013 et 2018), une mission de démonstration (Chang’E 5 T1, en 2014), et la mise à poste d’un relai de communication autour du point de Lagrange L2 du système Terre-Lune (Quequiao, en 2018).

L’objectif est cette fois d’effectuer une ambitieuse collecte d’échantillons du sol de notre satellite naturel, à l’aide d’une pelle robotisée et d’une foreuse capable d’effectuer des carottages jusqu’à une profondeur de 2 m, avant de rapatrier le matériau sur Terre : l’espoir est de mettre à disposition des scientifiques pas moins de 2 kg de régolithe !

Chang’E 5 : la sonde interplanétaire la plus lourde de l’histoire

Avec une masse au décollage de… 8,2 t (dont 3,8 t pour l’atterrisseur), Chang’E 5 s’impose comme la sonde interplanétaire la plus lourde de l’histoire. Elle est équipée d’une caméra panoramique, d’un radar à pénétration de sol et d’un spectromètre visible et infrarouge. La mission a démarré le 23 novembre à 20 h 30 UTC depuis le centre spatial de Wenchang, sur l’île de Hainan. Elle a été confiée au plus puissant lanceur chinois, le Longue Marche 5, qui avait servi cet été pour l’envoi vers Mars de la sonde Tianwen 1.

La première partie du vol d’hier, du décollage à l’injection translunaire, était diffusée en direct sur la télévision d’Etat et sur d’innombrables réseaux sociaux, filmée sous toutes les coutures à l’aide de plusieurs caméras embarquées. Elle a été en partie suivie par l’antenne de Kourou, en Guyane, mise à contribution dans le cadre d’un accord entre l’Agence spatiale européenne et l’Agence spatiale chinoise.

Retour mi-décembre

Aux alentours du 30 novembre, après quelques orbites autour de la Lune, le module d’alunissage de Chang’E 5 devrait alunir dans la région du Mont Rümker, à l’ouest de la face visible. La collecte devra rapidement démarrer, la sonde devant fonctionner une seule journée lunaire, pour bénéficier de l’éclairage du Soleil, soit quatorze jours terrestres. Par ailleurs, l’atterrisseur est équipé d’une caméra panoramique, d’un radar à pénétration de sol et d’un spectromètre visible et infrarouge.

Les échantillons récoltés seront stockés dans un petit conteneur scellé, qui sera installé dans l’étage de remontée de Chang’E 5. Celui-ci rejoindra ensuite le module de service stationné sur orbite lunaire, et transférera sa précieuse cargaison dans la capsule de retour qu’il abrite. Le module de service entamera alors le voyage de retour vers la Terre, larguant juste avant la rentrée la capsule, en vue d’un atterrissage en Mongolie intérieure vers le 16 décembre. Ce scénario rappelle évidemment les missions lunaires habitées américaines du programme Apollo…